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Interview auteur : Agnès Boucher

22 Mai 2014 | Interviews auteurs | 0 commentaires

Aujourd’hui, Agnès Boucher se prête à son tour au jeu de l’interview.

Rappel du principe : 10 réponses au moins parmi une vingtaine de questions qui sont proposées à nos auteurs.

De quoi vous permettre de mieux connaître celle qui se cache derrière Méfiez-vous des contrefaçons.

auteurQu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et à quand remonte cette passion ?

Enfant, je dévorais déjà les livres : Bibliothèque Rose, Verte, Safari Signe de Piste. Puis sont venus les classiques, le théâtre aussi, de manière systématique et quasi boulimique : tout Zola, tout Beauvoir, tout Gide, tout Maupassant, etc. Mes parents et mon grand-père maternel étaient également de très grands lecteurs, ils m’ont donné l’exemple. Quand vous voyez les autres lire autour de vous, vous lisez… Enfin, moi je lis. J’avais aussi une propension à créer des histoires dans ma tête. Personne ne s’en doutait. J’étais en permanence dans une autre vie. Forcément, à la fin j’ai fini par vouloir les écrire. Au début, c’était très mauvais. A force de travail, cela s’est amélioré… enfin j’espère !


Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Les autres, la vie, tout autour de moi peut me donner l’envie d’écrire. Associer les idées aussi, laisser le fil de l’imaginaire partir en vrille vers des horizons insoupçonnés. La moindre chose banale peut revêtir des aspects originaux et sources de fiction. C’est un exercice quotidien. Lorsque je marche, et j’adore marcher, l’esprit vagabonde. Aussitôt qu’une idée germe dans ma tête, et si elle me plaît, je la laisse aller son cours, je la modèle comme un sculpteur le fait avec la terre, puis dès que l’ébauche a pris forme, je la note dans un petit carnet, pour y revenir quand je serai mûre pour la développer. Cela peut mettre quelques heures, ou quelques mois, cela dépend.


En dehors de l’écriture, vous avez des hobbies ou d’autres passions artistiques ?

La musique est essentielle, classique avant toute chose. Beethoven est mon premier grand amour musical, Mahler ensuite, mais aussi Schubert, Mozart. Je ne suis pas musicienne, seulement mélomane. Mais je ne peux me passer de musique.. J’ai écrit autour d’elle, au travers de compositrices méconnues. Elle m’a toujours accompagnée dans l’écriture. Elle véhicule tant de souvenirs et d’émotions. J’aime également la peinture que je pratique de manière assez anarchique, sans la rigueur que je mets dans l’écriture. Je jette les couleurs sur la toile, sans idée préconçue. Ce n’est pas de l’art, loin de là, seulement de la spontanéité.


D’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, pouvez-vous en parler ?

Je viens de finir un recueil de nouvelles. Pour chacune d’elles, je suis partie d’une situation banale et ai emmené mes personnages vers du fantastique, de l’intemporel, ou plus simplement de l’imprévu. J’ai beaucoup aimé l’exercice. Dans une nouvelle, il faut être concis et efficace, ouvrir sur la suite de l’histoire pour permettre au lecteur de devenir à son tour auteur en dépassant sa frustration de ne pas avoir toute la trame et en l’inventant lui-même. J’ai aussi en tête un nouveau polar sur lequel je m’attelle dès cet été. Après, j’aimerais approfondir mon travail autour des Mendelssohn. J’aime bien faire à chaque fois des choses différentes.


Que pensez-vous de l’édition numérique (avantages/inconvénients) ?

J’y suis venue par hasard. Depuis toujours, j’achète des livres. J’adore les murs couverts de reliure, qu’elles soient belles ou « pauvres ». Les livres m’ont longtemps rassurée et protégée. Et puis un jour, j’ai commencé à me défaire de mes livres. Je savais pour beaucoup que je ne les relirais pas. Alors, autant les donner à d’autres qui sauraient les apprécier et leur donner une seconde vie. Puis on m’a offert une liseuse l’an passé pour mon anniversaire. Au début, je ne pensais pas vraiment que ce soit utile. J’ai donc d’abord téléchargé des titres gratuits. Puis j’ai acheté des livres que je voulais lire, sans avoir besoin de les voir dans mes rayons. Le livre numérique est plus écologique. Le papier disparait, donc l’arbre survit. Il est également plus pratique. On peut transporter une bibliothèque sans avoir le poids des livres dans des valises. Dans ma liseuse, je mets des livres que je n’aurais pas nécessairement acheté en format livre papier, des ouvrages professionnels aussi. En revanche, j’adore mes rayonnages, qui sont les témoins de mes passions de lectrice. Et puis un livre reste un très bel objet. Les deux sont complémentaires. Il ne faut pas les opposer, juste se les approprier en parallèle.


Comment imaginez-vous l’avenir de l’édition (en France, en particulier) ?

J’ai longtemps suivi les auteurs. Je me tenais au courant. J’ai eu des coups de foudre, Le Clézio, Auster, Ernaux… Cela fait longtemps. J’ai l’impression que le parisianisme germanopratin s’est renforcé, si cela est possible. Si vous ne faites pas partie d’un certain petit monde,vous n’avez aucune chance d’exister. Et les petits éditeurs ont également bien du mérite. Je pense que l’édition numérique peut donner un coup de balai dans la fourmilière. Il faut inventer d’autres modèles, un peu comme la Nouvelle Vague le fit dans les années cinquante pour le cinéma français. J’ai lu quelques très bonnes choses en édition numérique, bien meilleures que ce que propose le papier. Il faut continuer.


Vous êtes plutôt chien ou chat ? Vanille ou chocolat ? Thé ou café ?

Chien pour les balades, mais définitivement chat pour le reste. En fait, j’ai eu les deux et j’ai adoré toutes mes petites bestioles. Absolument chocolat, noir, intense. Café fort le matin, c’est indispensable pour bien se réveiller, le reste de la journée, ce sont des litres de thé, vert aujourd’hui.


En publiant un livre, quel est votre objectif principal ?

Que le lecteur prenne en lisant mon livre un peu – voire beaucoup ! – du plaisir pris pour l’écrire ! J’ai largement passé l’âge où l’on fantasme sur le désir d’être célèbre. J’écris parce que j’aime ça. Avant,c’était pour sauver ma peau. C’est bien fini, c’est même très loin de moi. Publier son manuscrit permet de voir le résultat tangible de son travail. Car même si c’est du plaisir, écrire est avant tout un sacré boulot


Pourquoi avoir choisi les Éditions HJ pour publier votre ouvrage ?

J’ai aimé la démarche de l’association en forme de pied de nez à l’égard des éditeurs dont j’ai parlé un peu avant. Les acteurs d’EHJ ne se prennent pas au sérieux, même s’ils font sérieusement leur travail. Ils croient en leur rôle, jouent la carte de la diversité, sans apriorisme. C’est rafraichissant, encourageant. Et il y a un sentiment d’appartenance à un groupe – un comble pour une individualiste notoire comme moi ! -, du soutien entre les auteurs, sans pour autant tout aimer de ce qui est publié de manière inconditionnelle. On n’est pas dans le monde des Bisounours, simplement dans la coopération… C’est rare à notre époque.


Un conseil que vous donneriez à une personne qui se lance dans l’écriture de son premier livre ?

Ou-la-la ! Ce serait présomptueux. Travail, relecture, travail, relecture, travail, relecture… Je me rends compte à chaque fois qu’on ne travaille et qu’on ne relit jamais assez…


Vous êtes plutôt voiture ou vélo ? Mer ou montagne ? Cinéma ou télévision ?

Voiture pendant longtemps, avec le goût que donne la vitesse. Mais la transhumance pendant près de sept ans entre Oxford et Paris toutes les trois semaines m’a dégoutée, alors aujourd’hui, c’est plutôt vélo. Mer, définitivement et plus spécifiquement océan Atlantique qui ouvre sur de magnifiques horizons. Une des personnages de mon dernier livre est bretonne. Je songe fortement à la faire revenir dans un prochain livre, aux accents plus iodés. Et cinéma, sans hésiter : Hitchcock, Eastwood, Chabrol, Resnay, Desplechin, Ozon… Que des hommes. Le cinéma manque de femmes. Je n’ai pas la télé. Je ne la regarde quasiment plus. Elle ne me manque pas, j’en profite pour lire et pour écrire. Et plus encore que le cinéma, le théâtre a été une grande passion. Je n’ai plus le temps, enfin, je ne le prends plus.


Les lecteurs d’Agnès peuvent découvrir son site ici : http://agnesboucher.com/

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