L'édition au service des Auteurs

Interview auteur : Emmanuelle Soulard

le 12 Avr 2014

Aujourd’hui, Emmanuelle Soulard se prête à son tour au jeu de l’interview.

Rappel du principe : 10 réponses au moins parmi une vingtaine de questions qui sont proposées à nos auteurs.

De quoi vous permettre de mieux connaître celle qui a imaginé l’univers des Invocateurs, dont le premier volume est Le dragon de ténèbres.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et à quand remonte cette passion ?

La plus ancienne fois où je me rappelle avoir écrit un récit remonte au collège. J’ai commencé mon premier roman à cette époque, une histoire pleine d’idées mais très peu aboutie sur un jeune homme qui traversait le temps endormi dans un caisson et faisait la connaissance d’une foule de civilisations extra-terrestres… Peut-être qu’un jour, je le réécrirai.


Vous écrivez le matin, le soir, la nuit ? Suivez-vous une organisation précise pour planifier vos séances d’écriture ?

Oh oui ! J’écris presque systématiquement le matin, après ma séance de sport, et dans un créneau horaire très limité. Lorsque j’étais plus jeune, j’écrivais essentiellement le soir, mais j’écrivais pour moi, ce qui change bien des choses…


Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Allez savoir ! L’inspiration est partout, elle est nulle part. Tout peut donner lieu à un enchainement d’idées prometteur. Une conversation, un documentaire, un film, une balade en nature, une musique. Les idées arrivent partout, et tout le temps. Le matin, au réveil (et parfois dans la nuit, en rêve !), sous la douche, dans la voiture, en faisant les courses… C’est tellement propre à chacun, ce qui nous fait vibrer…


En dehors de l’écriture, vous avez des hobbies ou d’autres passions artistiques ?

Oh oui… Je monte à cheval depuis que je suis toute petite, et j’ai eu la chance de pouvoir voir naitre mon cheval actuel, qui va gaillardement sur ses vingt ans. On passe ensemble des moments exceptionnels par leur complicité et leur intensité. Je pratique le ju-jitsu, j’adore me balader à vélo, je raffole du dessin que j’ai pratiqué longtemps, et que j’ai abandonné faute de temps. J’aimerais faire partie d’une chorale, apprendre la pâtisserie avec un chef étoilé et apprendre à piloter un planeur. Bref, si j’avais des sous et du temps, j’en ferais des choses !


D’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, pouvez-vous en parler ?

Des projets d’écriture, j’en ai en permanence. D’abord, deux tomes supplémentaires dans la série des Invocateurs. Ensuite, j’ai à cœur de développer un autre roman très ambitieux, avec huit personnages principaux. Mais je pense qu’il me faudra probablement trois à cinq ans avant de maitriser suffisamment le récit pour m’attaquer à ce colosse. Entre temps, je suis en train de réaliser un recueil de nouvelles, et j’ai un récit de vie que je dois peaufiner et retravailler, mais qui sera publiable avec un peu d’huile de coude. Outre cela, j’ai deux prémices prometteuses sur des récits techno-fantastiques. Bref… Des projets, oui… Mais tout ça représente beaucoup de travail, et ça prendra du temps.


Que pensez-vous de l’édition numérique (avantages/inconvénients) ?

L’avantage est la simplicité, la rapidité, que ce soit pour l’achat ou la lecture. C’est aussi un avantage pour les personnes âgées, qui peuvent modifier l’affichage à loisir. L’inconvénient, c’est peut-être que beaucoup de gens qui lisent chérissent le papier. Souvent, le lecteur qui lit principalement sur sa liseuse n’est pas le même que celui qui prend le livre en main. Il faut donc savoir à qui on s’adresse. Mais pour un auteur débutant, l’édition numérique est particulièrement intéressante, car elle permet de proposer un produit à bas prix, donc facilement achetable.


Comment imaginez-vous l’avenir de l’édition (en France, en particulier) ?

Vaste sujet ! Je ne suis pas du milieu, et ma vision est probablement parcellaire. J’espère qu’on va assister à un vrai essor du marché du numérique, avec son lectorat propre, et ses réseaux de diffusion particuliers. C’est en tout cas ce qu’il me semble voir.


Vous êtes plutôt chien ou chat ? Vanille ou chocolat ? Thé ou café ?

Résolument chat. Les miens sont en demande permanente, et freinent bien souvent mon écriture. Vanille ET chocolat. Les deux sont formidables à travailler en cuisine. Mais ne m’attendez pas sur du sucré-salé… Café, jamais. Je limite la caféine au maximum, je suis déjà insupportable sans… Et le thé, oui, tous les matins, de préférence russe, pas en sachet, après la gym, et avec un petit gâteau, juste avant d’aller écrire. Ça, c’est un moment formidable. Presque aussi bon que quand je le prends dehors au point du jour, me réchauffant dedans alors que je grelotte…


Votre musique préférée ? Écrivez-vous en musique ?

Ma musique est résolument rock, américain de préférence, même si certain Européens sont sacrément bons. En ce moment, j’ai un petit béguin pour le groupe Sixx A. M., dont le leader, Nikki Sixx, est également le bassiste et leader d’un très ancien groupe de rock américain, Motley Crüe. Quand on réussit l’exploit de mourir deux fois d’overdose dans la même vie, on a forcément quelque chose de particulier… L’énergie de ce type de musique m’est absolument indispensable pour exprimer tout ce qu’il y a là, caché tout au fond. Mais écrire en musique, jamais ! D’abord parce qu’il faudrait que les morceaux fassent une heure ou deux pour rester dans le même ton que mon écriture. Et les passer en boucle, c’est juste une aberration pour moi. Donc, la musique, résolument, parce qu’elle recèle toute l’émotion que je cherche à exprimer sur la page. Mais pas quand j’écris…


Des auteurs de référence à citer qui influencent votre écriture ?

Alors, j’ai beaucoup moins de temps pour lire maintenant que quand j’étais jeune, malheureusement… J’ai passé ma jeunesse avec les éditions originales de science-fiction de mon père, et ceux qui ont bercé mon enfance sont Asimov, AE Van Vogt, Fredric Brown, Philip K Dick… Puis, j’ai vraiment craqué pour Michael Crichon, Stephen King, Dan Simmons, Vernon Vinge… Côté fantasy, c’était plutôt Tad Williams, Ann McCaffrey, Robin Hobb… et je suis complètement dingue du disque-monde de Terry Pratchett, dont le traducteur, Patric Couton, fait un travail exceptionnel…


À travers vos livres, quel(s) message(s) souhaitez-vous véhiculer ?

Quand j’ai commencé à apprendre à écrire, je suis tombée presque par hasard sur le travail de John Campbell et Christopher Vogler (Merci, en passant, à ce grand monsieur qu’est Alexandre Astier, c’est grâce à lui). Et c’est comme si j’avais ouvert une porte sur un autre univers, totalement infini. Mes cours d’écriture, dans l’atelier d’écriture d’Anaël Verdier ont été totalement décisifs dans ce domaine, également. Avant ça, j’écrivais pour me libérer de mon trop plein d’émotion. Maintenant, j’écris pour parler à mon lecteur, ou plutôt à son inconscient. D’abord pour lui raconter des histoires qui lui font passer du bon temps, et ensuite pour lui adresser des allégories diverses du chemin de vie, dans l’espoir de le toucher et de l’aider. Je croise tellement de gens qui cherchent le bonheur sans jamais le trouver… Alors qu’il suffit parfois d’un rien pour avoir le déclic qui change tout. Écrivain, une mission de vie ? Peut-être… En tout cas, si mes publications n’apportent rien à personne, c’est qu’elles sont stériles, et n’ont pas lieu d’être. Je ne sais pas si j’attendrais ce but ultime. Mais en attendant, si j’arrive au moins à faire passer un bon moment à ceux qui ouvriront mes livres, je m’estimerais comblée.


En publiant un livre, quel est votre objectif principal ?

Pour le tout premier, d’abord c’était de me prouver que j’étais capable de terminer un roman (j’en ai commencé et abandonné une bonne demi-douzaine). Ensuite, me prouver également que je pouvais imaginer une histoire un peu intéressante et des personnages attachants. C’est-à-dire d’être capable de fournir au moins quelques bons moments à ceux qui seraient suffisamment séduits par la présentation pour tenter d’aller voir plus loin. Pour le reste, devenir un auteur à succès… Bon, c’est un doux rêve, et on peut toujours rêver…


Pourquoi avoir choisi les Éditions HJ pour publier votre ouvrage ?

Parce qu’ils sont professionnels, avec un bon relationnel, et qu’ils respectent vraiment les auteurs. Je dois avouer que je ne leur ai pas du tout simplifié la tâche, en partie à cause de circonstances exceptionnelles, et qu’ils ont toujours été parfaits.


Un conseil que vous donneriez à une personne qui se lance dans l’écriture de son premier livre ?

Ne pas douter, ne pas désespérer, ne pas croire à la lune, ne pas abandonner… Bon, d’accord, ça en fait quatre, mais se lancer dans l’écriture, c’est tellement difficile ! Ça demande de se mettre à nu, tout en s’exposant, et c’est parfois dur à accepter. C’est un travail laborieux, d’écrire un roman, pas toujours passionnant, qui demande une véritable volonté. Et le publier est tout aussi délicat. On ne sait jamais vraiment comment on peut être perçu, mais si on peut apporter quelque chose à quelqu’un par quelques lignes, même si c’est juste un peu d’évasion, de bon temps, d’émotion… C’est dommage de ne pas essayer de le faire.


Un livre réussi, pour vous, qu’est-ce que c’est ?

Un livre qui transporte, qui permet une évasion totale. Qui parle au lecteur. Qui le fait réagir, vivre. Qui reste dans la tête alors que la dernière page est tournée et la couverture refermée. Un livre qui fait réfléchir sur soi-même. Un livre qui fait avancer.


Si vous écrivez uniquement dans un genre précis, êtes-vous attiré par d’autres types de littérature pour de futurs ouvrages ?

J’avoue que je suis encore en phase de maturation, au niveau du genre (comme à beaucoup d’autres niveaux !). Même si l’imaginaire m’est indispensable (mais il l’est pour tout écrivain, je pense), je ne sais pas si je trouverais toujours du plaisir à passer mon temps à créer de nouveaux univers. Ça représente une formidable masse de travail, qui n’est finalement que peu valorisée dans le résultat final. Alors, peut-être glisser gentiment de la fantasy vers le fantastique… ou le quotidien, allez savoir. On verra où mon enthousiasme me portera.


Quelles phases émotionnelles avez-vous traversées au fil de la création de votre livre (écriture, envoi de manuscrit, signature de votre contrat, publication, etc.) ?

Comme tout le monde, beaucoup de doutes, même si la volonté d’avancer a toujours été là. J’étais en phase de défi personnel, initialement, pour me prouver que je pouvais le faire. Mais il faut bien avouer que les relectures peuvent être destructrices, pour un auteur qui doute, qui ne sait pas ce qu’il vaut. Parce qu’on relit dix fois la même page, qu’on la retravaille, qu’on la peaufine tant que « ça ne fonctionne pas », pour réaliser ensuite qu’elle est finalement inappropriée dans le récit, totalement déplacée, et qu’il faut la supprimer. Il est difficile de se séparer du travail accompli, de trancher dans le vif, et surtout d’accepter de voir que le résultat final n’est pas à la hauteur de ce qu’on avait espéré. Le plus dur étant probablement ce que les autres font remarqué et qui n’a pas choqué à la relecture… Mais il faut avancer, pour progresser, et ça implique de finir un roman, passer au suivant, pour toujours s’améliorer.


Vous êtes plutôt voiture ou vélo ? Mer ou montagne ? Cinéma ou télévision ?

La télévision… hem… C’est quoi ? Et si seulement j’avais le temps d’y aller, au cinéma…


Si c’était à refaire, est-ce que vous réécririez votre ou vos livres de la même façon ?

Si c’était à refaire, bien sûr que non. La vie est un chemin, une progression. Chaque pas fait évoluer un peu plus, change la personne que l’on est. Alors, non, je ne les réécrirais pas à l’identique, parce que j’apprends tous les jours… en espérant que les suivant seront meilleurs…


Posez-vous une question qui ne fait pas partie de cette liste et répondez-y.

« Qu’est-ce qui vous plait dans l’écriture ? » Ce qui me plait, c’est ce moment si rare, parfois unique, où les personnages prennent vie, ont des réactions en propre et surprennent. Cet instant parfait où je ne suis plus l’auteur mais un simple spectateur, où le récit s’incarne, prend ses propres décisions et direction, et m’embarque pour une immersion totale dans les émotions.

 


Les lecteurs d’Emmanuelle peuvent lui écrire à l’adresse suivante :
emmanuelle.soulard.auteur[at]gmail.com

Nous vous invitons aussi à la suivre sur Facebook : voir son profil / voir sa page « Le dragon de ténèbres »

Et pour finir, découvrez le teaser de son livre !

Comments

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    2 Commentaires

    • Bonjour Stéphane,

      Oui, son adresse de profil FB a été modifiée, mais a été oubliée ici. C’est maintenant rectifié.

      Merci !

      Hélène Jacob

      24 avril 2016

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