L'édition au service des Auteurs

Interview auteur : Pierre Floret

le 15 Juil 2014

Pierre est notre prochain auteur à répondre à l’interview.

Rappel du principe : 10 réponses au moins parmi une vingtaine de questions qui sont proposées à nos auteurs.

De quoi vous permettre de découvrir l’auteur de Vibrations, sorti hier 14/07.

Floret-Pierre-PhotoQu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et à quand remonte cette passion ?

L’envie en elle-même date de mon adolescence. A cette époque, beaucoup d’idées me passaient par la tête mais j’avais l’esprit trop volatile et rien de concret ne sortit de cette période. De plus, dans ma famille, mon père écrivait. Il n’a malheureusement pas eu le temps de se faire éditer. Les ouvrages qu’il avait commencés seront peut être repris un jour. Ma mère est, quant à elle, plusieurs fois publiée aux éditions « Le Pré du Plain » pour des ouvrages jeunesse, ados/adultes. J’ai donc si souvent vu, lu et assisté mes parents dans leurs travaux que lorsque m’est venue l’idée de mon premier roman, la même passion m’a habité et alimenté durant toute cette aventure.


Vous écrivez le matin, le soir, la nuit ? Suivez-vous une organisation précise pour planifier vos séances d’écriture ?

En général, je n’ai pas d’organisation précise, mon emploi du temps ne se cantonnant pas à la seule écriture. Cependant lorsqu’une idée ou même une simple phrase me traverse l’esprit, elle devient très vite une priorité sur toutes mes activités. Ce fut le cas de « Vibrations » que j’ai écrit en 8 mois, l’histoire se construisant au fur et à mesure, m’obsédant au point de ne plus rien faire d’autre (ou presque). Durant cette période, il m’a souvent été nécessaire de planifier les autres obligations parce que « Vibrations » me prenait énormément de temps. Il m’arrivait de me lever avant 6 heures pour écrire négligeant mon petit déjeuner et de me coucher à 2 ou 3 heures du matin pour finir la rédaction d’un chapitre ou simplement celle d’un passage sans me permettre la moindre interruption.


Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Pour les personnages, ils sont un mélange des membres de ma famille, de mes amis, des héros de romans ou de films et d’un peu de moi. Les idées politiques me viennent de l’actualité qui arrive parfois à me faire sortir de mes gonds devant tant d’injustices et d’inégalités. Quant aux objets technologique, le magazine « Sciences et Vie » m’a beaucoup aidé.


En dehors de l’écriture, vous avez des hobbies ou d’autres passions artistiques ?

Il m’arrive, au grand dam de mon épouse, de jouer de la guitare. La plupart du temps, j’en joue en chantant (souvent quand il pleut… Coïncidence ?) La lecture fait également partie de mes activités courantes et ne s’arrête pas à la SF. Je viens d’ailleurs de finir « Le Silmarillon » de J. R. R. Tolkien.


D’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, pouvez-vous en parler ?

Hormis les œuvres inachevées de mon père que j’aimerais reprendre un jour, j’ai déjà écrit le synopsis et quasiment toute la trame de mon prochain roman qui sera, ho, surprise ! un roman de SF. Pour l’instant, je préfère rester discret sur l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle se déroule sur Terre, dans un futur lointain.


Que pensez-vous de l’édition numérique (avantages/inconvénients) ?

Je suis habitué aux romans papiers, j’aime leur odeur et le toucher à la fois doux et chaud qu’ils offrent. Un livre offre UNE histoire (ou quelques nouvelles) et lorsque je sors le roman « Tarzan » de ma bibliothèque et que je l’ouvre, j’ai l’impression de partager une intimité toute personnelle avec le personnage d’Edgar Rice Burroughs.
Les livres numériques sont en revanche plus pratiques. Je peux emporter sur mon téléphone l’intégralité de ma bibliothèque et ainsi retrouver Sherlock Holmes ou les trois mousquetaires à mes côtés où que je sois. Mais comme mon téléphone me sert à nombre d’autres tâches, je ne retrouve pas cette intimité liée au livre papier. Cela reste cependant très pratique et je pense qu’il a sa place dans le monde de la littérature.


Comment imaginez-vous l’avenir de l’édition (en France, en particulier) ?

Avec le développement des activités ludiques visuelles (tels la télé, les jeux vidéos et les ordinateurs…) la lecture a tendance à se perdre. Les livres numériques offrent une alternative mais ne peuvent hélas endiguer le phénomène. De plus la lecture est affaire d’éducation et de culture et tout cela se perd dans cette ère du tout visuel qui nous submerge. L’avenir des éditions restera incertain tant qu’une volonté politique n’aidera pas à mettre en avant l’importance voire l’essentialité de la lecture pour le développement intellectuel de nos enfants.


Vous êtes plutôt chien ou chat ? Vanille ou chocolat ? Thé ou café ?

Mes goûts sont assez hétéroclites. J’aime les chiens, surtout quand ils courent après les chats. J’aime les chats, surtout quand ils courent après les souris. J’aime les souris, surtout quand elles courent après le fromage. J’aime la vanille mais je lui préfère le chocolat mais qu’on ne si trompe pas, je n’aime pas le fromage au chocolat. Par contre, je ne conçois pas qu’une glace puisse être d’un autre parfum qu’au chocolat. Thé ou café, du moment que ce soit sans sucre et si possible servi avec un carré de chocolat. Autre chose ?


Votre musique préférée ? Écrivez-vous en musique ?

Je n’ai pas de musique préférée. J’écoute de tout : balade, country, musique de films, rock, ska, rap, reggae, techno, jazz, blues, variété, pop, électro, classique… En général, j’écris sans musique mais il m’arrive qu’une chanson ou une mélodie m’inspire.


Des auteurs de référence à citer qui influencent votre écriture ?

Mon goût prononcé pour la SF me vient d’abord grâce à la littérature. Le premier livre que j’ai lu s’intitulait « La Planète Ignorée ». S’ensuivit, dans le désordre et en en oubliant certains, la quasi intégralité des œuvres d’Isaac Asimov dont ses nouvelles sur les robots et le cycle de « Fondation », Barjavel avec « La nuit des temps », « Le grand secret » et « Une rose au Paradis », nombre de romans de Jimmy Guieu, la trilogie marsienne de Kim Stanley Robinson, l’épopée des « 2001  » d’Arthur C. Clarke, la série de « Dune » de Frank Herbert, les ouvrages de Jules Verne et ceux de Bernard Werber sans oublier la créatrice de la Science Fiction contemporaine, Mary Shelley et son œuvre intemporelle : « Frankenstein ». Je lis également et assidûment la revue « Sciences et Vie » qui m’a donnée énormément d’informations apparaissant dans mon ouvrage.
Hormis la littérature, le cinéma a également joué un grand rôle dans mes sources d’inspiration. Pour ne nommer que les films les plus marquants, je citerais la trilogie de « Star Wars » (suivi de sa prélogie mais est-il nécessaire de le dire ?), les « Retour vers le futur » (dont la mise en place du suspens inspira celle de « Vibrations »), les « Indiana Jones », « 2001, l’Odyssée de l’Espace », « Minority Report » et beaucoup d’autres. C’est aussi le cinéma qui me permit d’établir la trame romanesque de mon roman ainsi que l’alternance des scènes et des lieux. Hormis la SF, le style très visuel de J. K. Rolling dans « Harry Potter » m’a beaucoup aidé. Cependant, durant ma convalescence suite à un accident, il m’arrivait de lire un livre par jour ou de regarder 3 ou 4 films d’affilée. J’imagine que chacun m’a permis de me construire des idées de ce que je voulais ou ne voulais pas mais il m’est aujourd’hui impossible de dire qui m’a influencé particulièrement hormis les exemples les plus flagrants dont je me suis inspiré consciemment.


À travers vos livres, quel(s) message(s) souhaitez-vous véhiculer ?

Dans « Vibrations », les idées sont assez explicitées. Les rapports humains, la notion de bien et de mal ainsi que l’exercice et la quête du pouvoir sont des sujets qui m’interpellent. Certains problèmes de sociétés sont aussi abordés comme le non-partage des richesses et les conflits qui en résultent. Mon prochain roman devrait traiter de la tolérance et de l’influence des élites sur la mentalité des peuples…


En publiant un livre, quel est votre objectif principal ?

J’ai entendu un jour sur France Inter une personne dire : « n’oubliez jamais que lorsque vous écrivez un roman, vous racontez avant tout une histoire ». Et bien, en écrivant « Vibrations », j’ai d’abord voulu raconter une histoire. J’y ai mis de l’amour, de l’aventure, de l’action, du suspens et de l’humour. J’y ai également introduit des valeurs et des idées et c’est tout cela que je souhaite partager aujourd’hui.


Un conseil que vous donneriez à une personne qui se lance dans l’écriture de son premier livre ?

N’essayez pas d’écrire un roman si vous n’avez pas l’idée au départ. Mais une fois que vous l’avez, ne perdez pas de temps pour l’écrire.


Un livre réussi, pour vous, qu’est-ce que c’est ?

Un livre réussi, c’est un livre qui vous transporte dans un autre univers (et ce n’est pas le passionné de SF qui parle). Il doit également vous donner du plaisir et surtout, il doit vous faire vous questionner. Qu’il vous conforte dans vos points de vue ou qu’il les fasse évoluer, l’important, c’est qu’il vous fasse progresser dans vos réflexions personnelles, qu’elles soient philosophique, politique, religieuse ou autres.


Si vous écrivez uniquement dans un genre précis, êtes-vous attiré par d’autres types de littérature pour de futurs ouvrages ?

Comme dirait Will Smith dans « Les Mystères de L’ouest » : « Faut qu’on s’en tienne à ce qu’on sait faire ». J’aime la SF, j’essaie d’y mettre du suspens, de l’action de l’humour et de l’amour mais je ne me vois pas écrire d’histoire fantastique, romantique ou historique. Il faudrait que j’y glisse des objets technologiques inexistants tels des voitures volantes ou des pisto-lasers et ça, seule la SF le permet.


Quelles phases émotionnelles avez-vous traversées au fil de la création de votre livre (écriture, envoi de manuscrit, signature de votre contrat, publication, etc.) ?

Lors de l’écriture, j’ai envie de dire que je suis passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. De la colère à la tendresse vis-à-vis de mes personnages, de l’excitation d’introduire une nouvelle idée à la lassitude de reprendre pour la énième fois un chapitre qui ne va pas, de la joie de présenter à mon père le dernier chapitre que je venais d’écrire, à la frustration d’apprendre qu’il n’avait pas encore terminé de le lire, bref, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
L’envoi du manuscrit m’a apporté beaucoup d’impatience ; mélange de crainte et d’espoir, accompagnés de quelques déconvenues à la réception des réponses. Lorsque j’ai reçu le contrat, j’avoue que j’étais au-delà de l’émotion tant j’avais peine à y croire. Et la publication reste encore un rêve bien que chaque jour m’en approche.


Vous êtes plutôt voiture ou vélo ? Mer ou montagne ? Cinéma ou télévision ?Vibrations

Je suis plutôt voiture, si possible électrique… je l’imagine même recouverte de panneaux solaires à absorption quantique (comme fonctionne la photosynthèse) pour un maximum d’efficacité. Mer ou montagne, la question ne se pose pas puisque je vis près du pays Basque, à une heure et demie des Pyrénées et deux heures de l’océan Atlantique. Cinéma ou Télé, tout dépend de ce que je veux voir. Un film à grand spectacle, ce sera Cinéma, un documentaire ou un débat, ce sera la télévision.


Si c’était à refaire, est-ce que vous réécririez votre ou vos livres de la même façon ?

Chaque chose que nous faisons s’inscrit dans un contexte de temps, de lieu et d’action auxquels s’ajoute un état d’esprit sur lesquels nous ne pouvons plus revenir et que nous ne pouvons plus changer. Si je devais écrire « Vibrations » aujourd’hui, ce roman s’appellerait autrement et l’histoire en serait toute différente parce que… et bien parce que « Vibrations » je l’ai déjà écrit et qu’il fait partie de mon passé.


Posez-vous une question qui ne fait pas partie de cette liste et répondez-y.

Si vous pouviez changer le monde, par quoi commenceriez-vous ?
Par mes chaussures… Je plaisante. Je pense que pour changer le monde, il faudrait que nos dirigeants acceptent d’arrêter de se comporter comme des enfants capricieux et ambitieux et se montrent les plus responsables et les plus intègres des humains. Les trop riches de ce monde devraient accepter de partager leurs fortunes qu’il faudrait d’ailleurs limiter, ainsi que limiter les hauts salaires afin de mieux répartir les richesses. Il faudrait que l’humanité cesse de considérer la Terre comme lui appartenant mais plutôt que c’est Elle qui appartient à la Terre et que notre devoir, en tant qu’espèce dominante, est de protéger ce jardin et non de le saccager. Et surtout, de ne pas oublier que ceux qui payeront notre irresponsabilité seront nous-mêmes et nos enfants. La Terre et la vie en général s’en remettront, la question est « serons-nous encore là pour le voir ? »

 


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    1 commentaire

  1. Je sais que ce livre est excellent… et les propos de son auteur sont à la hauteur de son talent. Longue et belle vie à Vibrations !

    Mireille Mirej

    15 juillet 2014

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