L'édition au service des Auteurs

Pourquoi nous ne distribuons pas nos livres papier dans les librairies physiques…

le 10 Mai 2013

Editions HJ(Cet article s’adresse avant tout à nos auteurs, mais il peut permettre à tout le monde de bien comprendre notre travail d’éditeur)

Nous proposons à nos auteurs un concept simple qui se résume en une seule phrase et qui est clairement indiqué partout sur notre blog d’origine ainsi que sur ce site et dans nos contrats : appliquer quasi-bénévolement à ceux qui nous rejoignent tout ce que nous mettons en œuvre pour les livres de M.I.A, à savoir…

– Un mode de publication tourné avant tout vers le numérique,

– Une distribution en version papier qui est un mode « bonus » mais qui n’est en aucun cas notre mode d’édition principal,

– Un mode de rémunération centré sur l’auteur et non pas sur le processus de distribution et les bénéfices éditeur.

En d’autres termes, notre philosophie est inverse par rapport à celle des maisons traditionnelles, qui misent tout sur le papier et utilisent le numérique comme un vague complément, tout en faisant des auteurs le maillon faible de la chaîne du livre.

Forcément, notre mode de fonctionnement est également et mécaniquement inverse.

En toute logique, le choix de l’impression à la demande pour les livres papier correspond à ce principe fondateur, qui est : pas de coûts inutiles, pas de tirage initial, pas de stock, pas de distributeur en dehors d’Amazon, et pas d’enregistrement Dilicom.

Pourquoi ? Parce que l’enregistrement chez Dilicom (qui coûte très cher) ne sert qu’à une chose : permettre aux libraires de commander des exemplaires de livres en dépôt-vente et de pouvoir les retourner à l’éditeur s’ils ne les vendent pas.

Ceci est contraire à notre philosophie, car nous serrons déjà terriblement les prix pour inciter les lecteurs à découvrir nos auteurs (inconnus initialement) et qu’il est hors de question pour nous de vendre à perte (à cause des 33% de marge demandés en moyenne par les libraires) et de devoir en plus nous retrouver à terme avec d’éventuels exemplaires sur les bras, puisque nous n’en avons pas les moyens financiers.

Payer l’enregistrement Dilicom (alors que nous ne sommes ni Albin Michel ni Gallimard, que nous n’avons pas de distributeur intermédiaire, que notre mode de diffusion repose sur MyKindex, Facebook, Twitter, les blogs et forums, etc., c’est-à-dire des média de communication qui ne servent que peu le livre papier et sont tournés vers le numérique) n’a pour nous aucune justification, tant économique que conceptuelle.

Cela peut être mal pris par les libraires physiques, mais dans le cadre de notre activité (telle qu’elle a été pensée et conçue initialement), nous n’avons tout simplement pas besoin d’eux, car ils ne rentrent pas dans notre modèle économique.

Voici la marche à suivre pour d’éventuels partenariats que vous pourriez nouer à votre propre initiative avec des librairies physiques (ce qui n’est théoriquement pas prévu dans notre relation contractuelle, mais qui est un principe pour lequel nous faisons preuve de souplesse, de tolérance et de la meilleure volonté possible) :

  • Vous commandez des exemplaires en nous demandant de vous les fournir, et nous vous les proposons à prix éditeur, en passant une commande directe chez Amazon/Create Space, que nous pouvons vous faire livrer à vous ou au libraire directement, à votre convenance.
  • Vous négociez avec le libraire sur la marge d’achat/revente que vous acceptez qu’il prenne ou pas, en sachant que la seule chose importante sur le plan légal est de ne jamais dépasser le prix de vente public figurant dans votre contrat et à l’intérieur du livre. Ces livres étant commandés à prix coûtant éditeur, ils ne comptent pas dans vos stats de vente publiques et dans vos royalties ; par contre, tout bénéfice que vous négociez directement avec le libraire est pour vous.
    Prenons un exemple imaginaire :  un livre est vendu 18€ en prix public, nous vous le faisons parvenir pour 8€ en direct et votre libraire vous demande 5€ en tant que marge, il restera 5€ pour vous.
  • Les livres non vendus par le libraire vous reviennent, à charge à vous de les proposer à d’autres modes de distribution physique.

Nous sommes, encore une fois, un éditeur numérique, qui recommande à ses auteurs de faire la promotion du numérique avant tout, et de garder la notion de copie-papier comme un mode complémentaire de diffusion… pas l’inverse !

D’ailleurs, les auteurs qui « marchent » le mieux chez nous depuis notre création sont ceux qui jouent ce jeu et comprennent que le numérique est aussi l’avenir, en relayant massivement l’existence de leur titre sur liseuse… car c’est là que les lecteurs sont prêts à dépenser de l’argent pour un auteur inconnu, quand ça coûte moins de 3€, tout bêtement.

Pour finir, notez que passer à un mode d’édition traditionnel nécessiterait d’agrandir notre équipe de 10 personnes, de dépenser 500€ par livre en frais administratifs de distribution… et de retomber tout simplement dans le schéma des maisons traditionnelles, qui proposent 7% de royalties à leurs auteurs et publient les livres sous 18 mois, sans leur demander leur avis sur quelque point que ce soit (couverture, présentation, argumentaire, etc.)… bref, un mode totalement contraire à notre philosophie qui est un pari mené conjointement avec des auteurs inconnus et qui ne peut donc pas du tout suivre les mêmes processus.

Nous sommes une association avec une cotisation de 15€ par an… pas une société avec du capital : notre capital, ce sont les personnes qui passent bénévolement des heures sur les projets des auteurs, parce que nous estimons que certains livres valent la peine de voir le jour. Nous ne pouvons pas en plus nous endetter, malgré tout l’enthousiasme qui nous anime. 🙂

Pensez aussi aux avantages que vous avez à ne pas être chez un éditeur traditionnel : nous ne pouvons pas à la fois répondre aux auteurs sous 24 heures, accepter des manuscrits qui ne sont absolument pas aux normes techniques, passer 20 ou 30 heures sur chaque livre, modifier les livres après leur publication, etc. et en même temps appliquer les processus classiques. C’est tout simplement impossible et les auteurs se doivent de comprendre et d’accepter ces principes lorsqu’ils signent avec nous.

En espérant que cet article vous aura permis de bien comprendre notre mode de gestion de la publication papier, à bientôt pour d’autres informations !

 


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    5 Commentaires

  1. Dire en quelques mots mon enthousiasme pour les éditions Hélène Jacob relève de la gageure… je les adore et pourtant je ne connais de Gaël, Hélène, Pascal, Sébastien et les autres que des réponses à mes messages postés pour me rassurer!
    Je me suis « frotté » précédemment à l’édition traditionnelle. J’ai connu ces boutiques poussiéreuses habitées de personnages du 20° siècle qui vous observent derrière leurs lourdes paupières chargées de pessimisme et puis j’ai connu le blog M.I.A et j’ai compris. L’édition numérique, ce n’est pas l’avenir… c’est maintenant!
    Gaël, Hélène et les autres ont « étrillé » le premier tome de ma trilogie les trois âges et cette toilette rigoureuse permet de porter « La marque du Lynx » sur les fonds baptismaux de la publication… merci à eux, je suis heureux.
    JP TAUREL

    JP Taurel

    20 mai 2013

  2. Commentaire
    JP Taurel,

    Merci pour votre enthousiasme permanent qui fait chaud au cœur !! 🙂

    Hélène Jacob

    20 mai 2013

  3. Je partage ent!èrement le commentaire de JP Taurel et rajoute que pour ma part que tous ces livres qui finissent au pilon chaque année représentent un désastre économique et écologique.
    Je suis convaincue de l’avenir des tablettes numériques.
    Je souligne au passage la grande souplesse des éditions Hélène Jacob qui nous permettent de proposer une version papier pour les irréductibles papivores.
    L’édition papier à la demande permet une transition douce et doit rester secondaire et permettre au numérique d’occuper progressivement le devant de la scène.
    Bravo à toute l’équipe pour son engagement, son énergie, son professionnalisme et sa disponibilité.
    Ariane FUSAIN

    Ariane Fusain

    23 juillet 2013

    • Merci à vous, Ariane, pour votre confiance et votre engagement à nos côtés. 🙂

      Hélène Jacob

      24 juillet 2013

  4. Merci pour cet article très instructif 😀
    Je comprends tout à fait votre position, étant donné l’orientation et l’objectif de votre maison d’édition.
    Je tiens à préciser cependant que pour moi, le livre numérique ne doit pas supplanter le livre papier, mais le compléter : j’adore les deux formats pour des raisons différentes : le numérique pour le gain de place, les prix d’achat réduits et la vitesse de téléchargement, donc disponibilité immédiate. Le papier : pour le charme inégalé d’avoir un livre entre les mains, la sensation d’avoir « vraiment » publié, le plaisir des dédicaces et d’être peut-être distribué dans des lieux physiques. Que serait un Salon du Livre numérique ? lol
    Je tiens à préciser aussi que certains de mes contacts attendaient avec impatience mon roman version papier, et en aucun cas ne voulaient de la version numérique. Je trouve donc super que vous nous laissiez la possibilité de commander un stock papier, vraiment j’apprécie 😀
    Joyeuses fêtes et au plaisir de découvrir de nouveaux collègues auteurs
    Une auteure, Marjorie Loup

    Marjorie@Histoire à Vivre

    20 décembre 2013

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